15/01/2026 COACHING MNUNEZ

Pourquoi avoir une supervision quand tu es coach ou thérapeute (même si tu es “déjà” expérimentée)

Tu es coach ou thérapeute.
Tu accompagnes des femmes exigeantes, brillantes, parfois à bout. Tu sais écouter, questionner, recadrer, soutenir. Tu sais tenir l’espace.

Et pourtant… il y a des moments où tu ressens un truc subtil.
Une tension. Une fatigue. Une confusion. Une situation qui te colle à la peau après la séance.

Tu te dis :
“Ça va passer.”
“Je dois être plus solide.”
“Je devrais savoir gérer.”

Et c’est précisément là que la supervision change tout.

Une story : le jour où j’ai compris que “gérer seule” n’était pas un badge d’honneur

Claire est cadre dirigeante.
Elle a créé son activité de coaching après quinze ans de management. Elle est brillante, structurée, très engagée. Elle a des clientes. Des résultats. Une posture solide.

Et puis un jour, elle m’écrit :

“J’ai une cliente qui me vide. Je pense à elle même le soir. Je me sens coupable de ne pas réussir à l’aider. Et j’ai peur de mal faire.”

En supervision, elle me raconte.
Une femme qui pleure à chaque séance. Une histoire lourde. Une grande détresse. Claire se retrouve à donner plus, à s’impliquer plus, à vouloir “sauver”.

Elle dit :
“Je crois que je suis trop dedans.”

Puis elle ajoute, presque honteuse :
“Mais je suis coach, je devrais être capable de garder la distance.”

À ce moment-là, je lui réponds :
“Tu n’as pas besoin d’être invulnérable. Tu as besoin d’un espace pour déposer ce que ton rôle t’oblige à porter.”

Et là, elle souffle.
Comme si quelqu’un venait enfin d’enlever son armure.

La supervision, ce n’est pas “pour les débutantes”

Beaucoup de femmes cadres et entrepreneures fonctionnent comme ça :
elles avancent, elles gèrent, elles optimisent, elles encaissent.

Et quand elles deviennent coach ou thérapeute, elles gardent le même réflexe :
“Je vais m’auto-analyser.”
“Je vais prendre sur moi.”
“Je vais me former encore.”

Mais la supervision n’est pas une formation de plus.
Ce n’est pas un cours.
Ce n’est pas une preuve que tu as un problème.

C’est un espace professionnel pour réfléchir sur ta pratique, ton positionnement, tes limites, et tout ce qui se joue dans la relation d’accompagnement.

Même (et surtout) quand tu es compétente.

Pourquoi avoir une supervision quand tu accompagnes des humains (et pas des dossiers)

Parce qu’un accompagnement, ce n’est jamais “juste” une méthode.
C’est une rencontre.
Et dans une rencontre, il y a toujours des mouvements invisibles.

1) Parce que tu es ton principal outil de travail

Ton écoute. Ton intuition. Ta présence. Ton cadre. Ta régulation émotionnelle.

Quand ton outil principal, c’est toi, tu as besoin d’un lieu pour te recalibrer.
Sinon, tu compenses : tu travailles trop, tu intellectualises, tu doutes, tu t’épuises.

La supervision t’aide à revenir à un état clair et stable, sans te durcir.

2) Parce que certaines situations réveillent quelque chose en toi

Même si tu as “fait le travail”.
Même si tu es “au clair” sur ton histoire.

Une cliente peut activer :

  • ton besoin de prouver
  • ton syndrome de la bonne élève
  • ta peur de décevoir
  • ta difficulté à poser un cadre
  • ta tendance à porter plus que l’autre

Ce n’est pas un échec.
C’est normal.
C’est humain.

La supervision te permet de repérer ce qui t’appartient et ce qui appartient à ta cliente. Et ça change tout.

3) Parce que tu ne peux pas être lucide quand tu es “dans le bain”

Tu connais ce moment où tu relis une conversation et tu vois tout ce que tu n’avais pas vu sur le moment ?

C’est pareil dans les accompagnements.
Quand tu es dedans, tu peux perdre :

  • de la hauteur
  • de la précision
  • de la créativité
  • de la fermeté

La supervision, c’est un recul guidé.
Tu reprends la situation, tu la regardes autrement, et tu récupères ta liberté d’action.

4) Parce que tu as besoin d’un endroit où tu peux dire la vérité

La vérité du terrain, ce n’est pas toujours “instagrammable”.

Parfois tu penses :

  • “Je ne sais pas quoi faire avec elle.”
  • “Je n’ai pas envie de la recevoir.”
  • “Je sens que je suis en train de dépasser mon cadre.”
  • “Je crois que je suis en train de m’attacher.”
  • “Je crois que je suis en train de m’éteindre.”

La supervision, c’est l’endroit où tu peux dire ça sans être jugée.
Et où tu peux transformer ça en posture professionnelle.

5) Parce que ton entreprise dépend de ta solidité intérieure

Tu es entrepreneure.
Tu portes ton activité. Ta visibilité. Tes offres. Ton chiffre d’affaires.

Si tu te fragilises dans tes accompagnements, ça se répercute partout :

  • tu procrastines
  • tu doutes de ta légitimité
  • tu réduis tes prix
  • tu acceptes des clientes qui ne te conviennent pas
  • tu te sur-adaptes
  • tu t’épuises

La supervision protège ton énergie, donc ta croissance.

Ce que la supervision t’apporte concrètement (et rapidement)

Ce n’est pas “juste parler”.
C’est un espace de travail stratégique sur ta pratique.

Tu repars avec :

  • une lecture plus fine de ce qui se joue
  • des options d’intervention concrètes
  • un cadre plus clair (et plus confortable)
  • une posture plus juste
  • une baisse immédiate de charge mentale
  • une sécurité intérieure : tu sais où tu vas

Et surtout : tu n’es plus seule.

Retour à la story : ce qui a changé pour Claire

En supervision, Claire a compris trois choses :

  1. Sa cliente n’était pas “trop” pour elle.
    C’est son cadre qui était devenu flou.
  2. Elle confondait empathie et responsabilité.
    Elle portait un poids qui n’était pas le sien.
  3. Elle n’avait pas besoin d’être plus forte.
    Elle avait besoin d’être plus claire.

À la séance suivante, elle a posé un cadre différent.
Elle a remis de la structure.
Elle a arrêté de “sur-donner”.

Et elle m’a dit :
“Je me sens à nouveau coach. Je ne me sens plus aspirée.”

Ça, c’est l’effet supervision.

Si tu es une femme cadre ou entrepreneure, tu vas reconnaître ça

Tu as l’habitude d’être celle qui tient.
Celle qui comprend vite.
Celle qui trouve des solutions.

Mais ton métier d’accompagnante n’est pas un poste où tu dois “performer”.
C’est un espace où tu dois être juste.

Et la justesse, ça se cultive.
Avec un regard extérieur.
Avec un endroit pour déposer.
Avec une supervision.

Conclusion : la supervision n’est pas un luxe, c’est une hygiène professionnelle

Tu n’as pas besoin d’attendre d’aller mal.
Tu n’as pas besoin d’être “en difficulté” pour te faire superviser.

Tu peux choisir la supervision comme tu choisis :

  • une stratégie de qualité
  • une protection de ton énergie
  • une garantie d’éthique
  • un soutien à ta posture
  • un levier de croissance

Tu accompagnes des femmes à prendre soin d’elles, à se respecter, à se choisir.

La supervision, c’est aussi ça :
te choisir, toi, dans ta pratique.